RENAISSANCE

 

Source de la Carre (Joué-lès-Tours) :

En 1475, Louis XI (1423-1483) décide de construire un aqueduc pour alimenter son château du Plessis-lès-Tours (aujourd'hui sur la commune de La Riche). Peu connu, on doit néanmoins au roi Louis XI d'avoir mis définitivement un terme à la Guerre de Cent Ans en ayant enivré l'armée anglaise (1475 aussi). NB : le parc du château n'est ouvert que du lundi au vendredi, de 10h à 17h30.


crédits : chateaudesreaux.fr


crédits : patrimoine.regioncentre.fr

Il capta de l'eau 2 Km au sud de son domaine, de l'autre côté du Cher. Une fontaine fut alors bâtie près de la source, dans l'actuelle rue de la Carre à Joué-lès-Tours, près du golf de la Gloriette et du chemin de la Loire à vélo.

En 1597, Henri IV accorde une dérivation pour le couvent des Minimes (où se trouve aujourd'hui le tombeau du fondateur de cet ordre d'ermites-médiants, Saint François de Paule mort en 1507), puis dans les années 1680, deux autres bâtiments sont raccordés au réseau : l'hôpital de la Charité (futur hôpital Bretonneau) et l'abbaye de Beaumont-lès-Tours (détruite fin XVIIIème). C'est aussi à cette époque qu'est construit le regard (lanternon) du Plessis, dans l'actuelle rue de la Chapelle à La Riche (photo ci-dessous).

L'hospice puisait auparavant son eau dans le ruau (ruisseau) Sainte Anne (à gauche de ce plan datant de 1619), aujourd'hui partiellement visible dans le jardin Botanique, boulevard Tonnelé. L'abbaye de Beaumont quant à elle se trouvait à proximité du ru de l'Archevêché (dit aussi de l'Archevêque, en bas du plan) qui coule encore actuellement dans le jardin des Prébendes.

Le réseau fut abandonné vers 1835 quand l'hôpital se fit construire un puits artésien (cf. chapitre suivant). La fontaine de la Carre fut quant à elle définitivement rasée en 1967.

 

Sources de St Avertin :

En 1507, on décida un projet plus important en amenant des eaux de St Avertin jusqu'à plusieurs fontaines de Tours. On charge le fontainier Pierre de Valence de capter les eaux du Limançon (Limaçon) et d'autres sources aux alentours. Un regard est aussi construit dans l'actuelle allée du Regard des Fontaines, à St Av'.

Un bassin fut construit à la même époque à proximité, surnommé « la Chapelle ». Ces dimensions sont de 14 x 8 m pour 1,20 m de profondeur.


crédits : lanouvellerepublique.fr

Ci-dessous une courte vidéo montrant l'entrée des souterrains (avec une superbe interprétation d'Amélie en Anne de Bretagne, 1477-1514) :

https://www.youtube.com/watch?v=VYwhIG7hIDQ

 

L'eau allait jusqu'à un réservoir appelé la Belle Fontaine situé à 4 Km au nord du captage, dans l'actuelle place François Sicard (appelée alors place Saint Etienne), près de la cathédrale. Quelques années plus tard, des conduites furent installées pour rendre l'eau accessible dans 6 fontaines :

* 1509 : place Saint Etienne (place François Sicard), actuellement le square dispose d'un jet d'eau et d'une cascade

* 1509 : carroi (carrefour) de Beaune (croisement des actuelles rue Nationale et rue du Commerce), déplacée place du Grand Marché puis réinstallée dans son quartier d'origine, au jardin de Beaune-Semblançay. Ce dernier tient son nom de Jacques de Beaune, baron de Semblançay et surintendant des finances de François Ier (1494-1547).

* 1511 : parvis de l'église Saint Hilaire (détruite, à l'est de la rue des Halles)

* vers 1512 : place Foire le Roi, lieu où les malfrats étaient autrefois condamnés au pilori

* 1518 : carroi Saint Martin (place Châteauneuf) au pied de la tour Charlemagne (vestige de l'ancienne basilique Saint Martin)

* 1518 : place du Grand Marché (la place du « Monstre » de Xavier Veilhan)

 

Voici le trajet approximatif des canalisations en bleu foncé, en partance de la place Saint Etienne (à l'est). L'aqueduc passait en amont par l'actuelle rue Bernard Palissy, en bleu clair, (des vestiges auraient été retrouvés lors de la construction du Vinci) et probablement par la maladrerie Saint Lazare, à côté du cinéma Méga CGR rue Blaise Pascal.

En 1682, afin d'augmenter le débit, on trouve de nouvelles sources et on construit une machine élévatrice actionnée par un cheval à la Maison Péan, actuellement rue de Grandmont à St Avertin. L'appareil a été détruit en 1820. Par ailleurs, voici la photo d'un puits situé de l'autre côté de la rue.


crédits : jckdsprz.free.fr

En 1856 une crue du Cher endommage l'aqueduc, celui-ci étant déjà largement concurrencé par les puits artésiens et le barrage de Rochepinard construits au XIXème siècle, il sera abandonné.

 

 

Plus d'infos sur le château du Plessis :
www.37degres-mag.fr