BABYLONE

 

Deuxième livre des Chroniques, chapitre 36 verset 20 :
« Puis Nabuchodonosor déporta à Babylone le reste échappé à l'épée ; ils durent le servir ainsi que ses fils jusqu'à l'établissement du royaume perse, »

Psaume 137, versets 1 à 4 :
« Au bord des fleuves de Babylone
nous étions assis et nous pleurions,
nous souvenant de Sion ; [] 
Et c'est là qu'ils nous demandèrent,
nos geôliers, des cantiques, [] 
Comment chanterions-nous
un cantique de Yahvé
sur une terre étrangère ? »


Alors que Babylone était le lieu de captivité des Israélites entre 587 et 539 avant Jésus-Christ, la Jamaïque (et tous les pays où des Noirs ont été déportés à partir du XVIème siècle après J. C.) semble être la nouvelle Babylone où sont encore détenus les enfants de ces esclaves africains. Comme certains rastas s'estiment être les descendants des Juifs venus en Éthiopie au cours du premier millénaire avant notre ère, ils pensent subir le même sort qu'une partie de leurs ancêtres du royaume de Juda déportée dans l'empire babylonien il y a de cela des siècles.
Par la suite Babylone a été assimilée à toutes les institutions contrôlées par les Blancs et qui opprimaient les Noirs, par exemple en Jamaïque elle était représentée par la police, le gouvernement et la justice qui condamnaient injustement les gens de couleur et qui les maintenaient dans la misère et ce même après l'abolition de l'esclavage (1834). Au niveau international, c'étaient certaines Églises chrétiennes officielles (Église catholique principalement) parce qu'elles avaient couvert les déportations d'Africains et parce qu'elles auraient supprimé ou modifié des passages de la Bible notamment ceux concernant les Noirs ; Babylone c'était en plus tout le colonialisme européen qui sévira encore en Afrique et dans les Antilles pendant la majeure partie du XXème siècle.
Enfin, de nos jours elle est aussi représentée par les firmes multinationales américaines qui font travailler pour des salaires misérables des milliers de Jamaïcains ainsi que par toutes les institutions politiques et financières qui gouvernent le monde de leurs bureaux.

Une des plus célèbres chansons dont les paroles sont extraites de la Bible parle de la déportation des Hébreux à Babylone, il s'agit de « Rivers of Babylon » écrite en 1969 par les Melodians, un groupe de Reggae jamaïcain, et reprise 9 ans plus tard par Boney M. Ils citent en anglais le Chant de l'exilé (psaume 137).

Pochette du 45 tours

 

Isaïe, chapitre 13 verset 19 :
« Et Babylone, la perle des royaumes,
le superbe joyau des Chaldéens [Babyloniens],
sera comme Sodome et Gomorrhe,
dévastées par Dieu. »


Tout comme Yahvé a fait pleuvoir le soufre et le feu sur Sodome et Gomorrhe (deux villes perverses de la Genèse), certains rastas estiment qu'un jour il fera tomber le feu sur Babylone et plus particulièrement sur Rome, la ville de Mussolini, du Pape et des Romains qui ont crucifié Jésus. Les prophéties bibliques concernant la chute de Babylone ont une très forte valeur dans la mesure où la ville a totalement disparue de nos jours et donc qu'elles se sont bien réalisées conformément aux écritures.

Il existe un paradoxe historique intéressant dans le Kebra Nagast entre Israël et Babylone. En effet, Nabuchodonosor serait le fils abandonné d'un Israélite nommé Karmin, qui sera recueilli par la servante de la reine de Babylone et qui prendra la succession de son père adoptif. C'est donc un fils d'Israël qui déportera ses « frères » du royaume du Juda au cours de son règne.

 

Porte d'Ishtar, construite à Babylone sous Nabuchodonosor II - Musée de Pergame, Berlin

crédits : bibleetnombres.online.fr